Le DIY à Bruxelles

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janvier 20, 2015 by Mat

En marge de notre société de consommation, une “société de la réparation” est en train de voir le jour. Elle a ses propres fêtes (comme le DIY day et la Foire aux savoir-faire de Bruxelles) sa propre philosophie et ses propres lieux de rencontre. En voici un bref tour d’horizon …

1. Habitat et énergie

Pour beaucoup d’entre nous, se loger à Bruxelles c’est risquer de se mettre la corde au cou : pour éviter que la moitié du salaire passe dans un loyer ou un emprunt hypothécaire, certains optent pour l’auto-construction, l’habitat léger (ou habitat plume) ou encore le cohabitat, solution adoptée par les gens de Casa Nova à Schaerbeek. Des solutions qui leur permettent – moyennant quelques mois de travaux et de zigzags administratifs – d’accéder à un logement décent, de qualité et relativement peu coûteux. Toutefois, les freins à l’auto-construction sont encore très nombreux : “absence de statut de l’auto-constructeur, normes urbanistiques à respecter, difficultés d’accès à des prêts bancaires, etc.” (cf. Habitat & Participation).

casa nova

2. Maraîchage et agriculture urbaine

Il y a, dans la ville de Bruxelles, une vaste communauté de potagistes, qui investissent les lopins de terre inutilisés, comme les talus ferroviaires, pour y faire pousser des fruits et des légumes. On compte aujourd’hui plus de 200 potagers en région bruxelloise. A ceux-ci s’ajoutent des mini-potagers : potagers pédagogiques, mini-potagers de rue (Incredible Edible), potagers verticaux (windowfarms), de potagers d’appartements équipés de systèmes hydroponiques etc.

Une mention spéciale pour l’Urban ArtFarm d’Anne-Marie Maës, une ferme urbaine de 700(?) mètres carrés, équipée de ruches, et située sur le toit du parking de la rue Léon Lepage à Saint-Josse  : “The Urban ArtFarm is an experimental station for Urban Agriculture. It researches and analyses the pro and contra’s of growing food in the city on rooftops of bigger buildings, with the help of green DIY technology” (source).

potag

3. Distribution alimentaire

Ici, on arrive à une forme de DIY un peu plus particulière : “nourrissez votre propre quartier !” Explication : les initiateurs du projet Bees Coop veulent lancer un supermarché coopératif à Schaerbeek en 2016, où seuls les coopérateurs pourront être “clients”, et où les clients devront en même temps participer (bénévolement) à la gestion des stocks, à la logistique, au rangement et la vente des produits. Un système qui fait un peut penser aux GASAP : ces systèmes d’achat et de distribution de produits agricoles locaux, qui permettent à des centaines de producteurs et à des milliers de consommateurs belges de contourner le système de la grande distribution, tout en se procurant des légumes sains et locaux, à prix acceptables.

4. Réparation et confection des vêtements

Les filles à retordre, ainsi que la Maison des cultures et de la cohésion sociale de Molenbeek organisent des ateliers de confection et de réparation de vêtements. Perrine Langlais – qui donne la formation à la Maison des cultures et de la cohésion sociale – explique : “L’objectif de cet atelier est d’élaborer son propre vêtement, selon ses envies dans une atmosphère teintée de créativité, d’humour et de douceur. Aborder les différentes techniques de couture (…). Modifier sa garde-robe, afin de l’embellir et lui donner une seconde vie tout en découvrant des techniques telles que la broderie, le feutre, l’impression textile et le tricot.” (source) Pour apprendre à faire des retouches et des petites réparations, il y a également les repair cafés. Pour se procurer des vêtements à prix dérisoire : les friperies de la Poissonnerie et du 123.

wool_catland

5. Création de savon et de produits d’entretien

Les maisons de quartiers de Bruxelles sont à l’origine de nombreux ateliers, parmi lesquels on retrouve des activités de confection de “produits d’entretien“. Certains repair cafés bruxellois, comme celui de Schaerbeek, ont également accueilli des ateliers de ce type. Les ateliers “savon” sont un peu plus rares, peut-être à cause des risques liés à la manipulation de la soute caustique. Avant d’organiser un événement de ce type, mieux vaut se doter d’une bonne assurance responsabilité civile.

6. Travail du bois et de l’aluminium

Un fab lab (contraction du terme anglais fabrication laboratory) est un lieu équipé d’instruments utiles à la conception et la réalisation d’objets. Espace de rencontre et de création collaborative, les fab labs permettent, entre autres, de fabriquer des objets complexes, uniques, artisanaux, expérimentaux. Le fab lab iMal, au numéros 30-34 du quai des charbonnages à Molenbeek, se définit par exemple comme ” un atelier de fabrication où toute personne (artiste, designer, ingénieur, développeur, bricoleur, étudiant, citoyen,..), quelque soit son niveau de formation, peut venir expérimenter, apprendre ou fabriquer tous types d’objets”.

“En façonnant des pièces qui n’existent plus sur le marché (ou à des prix exorbitants), les FabLabs aident concrètement à lutter contre le gaspillage et l’obsolescence programmée” (Le Soir, 24/12/2014).

L’OpenFab et la Micro Factory sont deux autres autres fab labs équipés de machines de gravure, d’imprimantes 3D et autres fraiseuses à commande numérique. On y travaille notamment le bois et l’aluminium. A l’OpenFab, on conseille, accompagne, encadre les gens et on leur offre les outils qui leur permettront d’être autonomes dans le lancement et la réalisation de leurs projets.

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7. Répétition, composition musicale et enregistrement

Il existe – en région bruxelloise – un collectif de musiciens qui emploie des instruments fabriqués à partir d’objets de récup’. On trouve par ailleurs des groupes d’entraide en composition musicale ou songwriting, ainsi qu’une série de lieux où il est possible d’accéder à du matériel de répétition et d’enregistrement à un prix plus ou moins démocratique (Studio Diapason). Il existe enfin une solution gratuite : le studio1bis situé dans les caves du squat de la poissonnerie. Il comprend un local de répétition et un petit studio d’enregistrement. Si vous souhaitez y tester un morceau, contactez Kinch.

8. Dessin, graphisme et travail de papier

Le graphisme participatif consiste à fournir aux gens des outils leur permettant de développer leurs propres projets graphiques. Il existe au moins deux ateliers de ce type dans la commune de Schaerbeek : MiK et OSP. L’atelier MADE iN KiT propose par exemple un espace, des outils et un encadrement pour permettre aux gens mener à bien leur communication et leur graphisme. A eux de faire le reste : confection d’objets de communication (carte de visite, flyers), design, travail du papier, reliure etc.

“On a cherché à créer un lieu qui serait un lieu d’échange et de partage de connaissances, de compétences de toutes sortes, liées principalement au graphisme et au travail du papier. L’idée du graphisme participatif c’est de pouvoir aider les gens à faire leur communication, ne pas la faire à leur place, mais les aider, les aiguiller. Parfois, il manque quelques petits coups de pouce techniques, parfois des idées de base… Enfin, c’est vraiment l’idée d’accompagner les gens plutôt que de faire les choses à leur place” (Lara, co-fondatrice de MADE iN KiT).

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9. Ecriture, édition et reliure

Il existe à Bruxelles de nombreux ateliers d’écriture, à des prix variables : comme les ateliers de la Maison de la Francité, de Sasasa à Schaerbeek, lesateliers de la rue Voot à Woluwe. Certains – comme l’Heure Atelier – combinent l’écriture, la mise en page, l’auto-édition et la reliure. “[Cela] permet aux participants de présenter leur travail sous forme de manuscrit relié. Ces recueils sont pensés à nouveau au cas par cas, en fonction du propos de chacun. Book, recueil de poésie, de prose, encyclopédie ou livre illustré, chacun fera l’objet d’une aventure de création singulière.” (source).

10. Programmation

Un hackerspace, ou hacklab, est un lieu où des gens – ayant un intérêt commun pour le développement informatique, les sciences et les arts – peuvent se rencontrer et collaborer. Ces laboratoires communautaires ouverts permettent aux hackers de partager ressources et savoirs. Les hackerspaces travaillent habituellement sur des logiciels libres, du hardware libre et des médias alternatifs. “Ils sont souvent physiquement installés dans des maisons des associations ou des universités, mais dès que le nombre d’adhérents et l’éventail des activités augmente[nt], ils déménagent généralement dans des espaces industriels ou d’anciens entrepôts” (Wikipedia). Le plus grand hackerspace de Bruxelles (HSBXL) est situé au numéro 40 de la rue du Moulin, dans un espace de 300 mètres carrés.

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11. Réparation d’objets électroniques

Un repair café est un lieu équipé de différents outils – tels que des machines à coudre et des instruments de réparation en informatique et en électro – au sein duquel des passionnés de récup’ se rencontrent périodiquement pour partager leurs savoir-faire avec les habitants de leur localité et pour remettre en marche les objets “hors d’usage” qu’on leur apporte. Nés aux Pays-Bas à la fin des années 2000, ils se multiplient en Belgique depuis l’année 2012. On compte aujourd’hui – en Région Bruxelloise – une douzaine de repair cafés, répartis dans la plupart des communes bruxelloises : Schaerbeek, Jette, Laeken, Molenbeek, Bruxelles-ville, Brechem-Sainte-Agathe, Saint-Gilles, Ixelles, Watermael-Boitsfort, Woluwe-Saint-Lambert et Uccle. Les repairs cafés permettent – outre de réduire le gaspillage et la surconsommation –  de transmettre des savoir-faire et de recréer un lien social de proximité. Ils forment aujourd’hui un sorte de réseau qui s’étend par essaimage. Si vous voulez y ajouter une antenne locale, cliquez ici.

12. Prototypage de systèmes électro-mécaniques

Il y a enfin le FabLab de la VUB : situé au numéro 170 du quai de l’industrie à Anderlecht, il est essentiellement consacré à des activités d’ingénierie mécanique, électrique et aéronautique : “The lab is oriented towards practical prototyping of robots and mechatronic systems for students of mechanical and electronic engineering, as well as the creation of wind tunnel models for our masters students in aeronautical technology.

13. Mécanique vélo

Il y a des ateliers cyclo dans toutes les grandes gares de Bruxelles. Pour les problèmes superficiels, les réparateurs encouragent les clients à se servir des outils qui sont mis à leur disposition au sein des ateliers pour résoudre le problème par eux-mêmes. Ils organisent aussi, de temps en temps, des événements DIY ou renvoient les gens vers les ateliers de la rue Voot à Woluwe-Saint-Pierre, ou encore ceux de Papa Douala à Saint-Gilles. L’association a également développé des bornes de “réparation vélo” à Saint-Gilles et Ixelles.

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14. Et, enfin …

Les systèmes d’échange local (SEL, LETS) sont des systèmes qui permettent à des gens, qui détiennent des savoir-faire (que-sais-je, en cuisine, en couture, en musique ou en informatique), de se rendre des services les uns aux autres sans avoir nécessairement à passer par l’intermédiaire de l’argent. Chaque personne inscrite dans le système propose des services aux autres membres ; services dont les intitulés sont répertoriés dans une sorte d’annuaire, accessible à tous. Chaque membre a ensuite la possibilité de contacter quelqu’un pour recevoir un service. Si la personne contactée accepte de rendre le service en question, et d’offrir par exemple une heure de “service en déménagement”, le solde du compte de la personne qui donne le service sera crédité d’une unité, tandis que celui de la personne qui reçoit le service diminuera d’une unité. Les SEL ne visent pas seulement à offrir des “services gratuits” mais aussi à faciliter les rencontres et de nouer des liens à l’échelle locale. On en compte aujourd’hui une douzaine en région bruxelloise : Jette (JetteSEL), Bruxelles-ville (BruSEL,SELouverture), Schaerbeek (SELavie), Evere (SELEvere), Anderlecht (SELAnderlecht), Woluwe (SELUnivers), Ixelles (SELIxelles), Auderghem (SELAuderghem), Saint-Gilles (SELoFan), Uccle (Les fleurs de SEL) et Watermael-Boitsfort (ArchiduSEL).

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Par Mathieu

http://www.ezelstad.be

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