Puccini à Schaerbeek

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novembre 23, 2013 by Mat

Savez-vous que nous célébrons l’année prochaine le 90ème anniversaire de la mort du compositeur Giacomo Puccini ? Les musicologues lui ont souvent reproché d’être trop sentimental et trop conforme aux goûts populaires. Pour ma part, j’aime bien et profite de l’occasion pour vous faire écouter un petit morceau de la Tosca et vous raconter les dernières heures du musicien toscan, à Bruxelles, selon le récit du biographe George R. Marek (1951).

Au lendemain de la première guerre mondiale, Puccini sombre dans une profonde dépression et commence à se plaindre de douloureux maux de gorge. En 1924, les médecins lui diagnostiquent un cancer : la tumeur, située sous l’épiglotte, a grandi au point que les médecins jugent toute intervention chirurgicale inutile. Ils proposent alors à leur patient, Puccini, un ultime recours médical : un traitement intensif aux rayons, qui ne se pratique à l’époque que dans deux hôpitaux européens. L’un se trouve à Berlin, l’autre à Bruxelles.

Giacomo Puccini

L’auteur de la Bohème accepte de suivre ce traitement et quitte Florence en compagnie de son fils Tonio pour rejoindre dans la capitale belge (qu’il affectionne en raison de son attachement à la Monnaie) : il pose d’abord ses valises dans une maison de l’avenue Rogier à Schaerbeek, puis dans dans un somptueux hôtel bruxellois localisé aux numéros 294-296 de la rue Royale.

Il sera traîté à la clinique de l’Institut de la Couronne à Ixelles. Le bien-nommé docteur Ledoux et une équipe de sept autres médecins lui font subir un traitement au « radium »..Le 24 novembre 1924, Giacomo Puccini passe en salle d’opération, sous anesthésie locale : les médecins luttent contre la tumeur, pendant 3 heures et 40 minutes, à l’aide d’aiguilles au radium. 

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Incapable de parler en raison des aiguilles qui lui ont été enfoncées dans la gorge, Puccini ne communique plus que par écrit. De retour de la salle d’opération, il se saisit d’un bloc-note et écrit « vais-je guérir? ». Deux jours plus tard, le Dr. Ledoux lui répond par l’affirmative et annonce son intention de retirer les aiguilles. Il prédit que « Puccini s’en sortira ».

Apprenant la nouvelle, le fils de Giacomo Puccini, Tonio, envoie un télégramme à sa mère Elvira (bloquée à Milan pour cause de maladie) et la prie de se rendre à Bruxelles au plus vite . Mais le 28 Novembre à six heures de l’après-midi, après une  journée de travail, Puccini s’effondre sur sa chaise. Son fils Tonio appelle le Dr. Ledoux : Puccini semble faire une attaque cardiaque. Il griffonne sur un bout de papier…

« Je me sens plus mal qu’hier – c’est l’enfer dans ma gorge – Je vais mourir – de l’eau fraîche ».

Le soir tombé, un prêtre vient au chevet de l’artiste alité au numéro 1 de l’avenue de la couronne.  Quelques heures plus tard, le 29 novembre 1924, à quatre heures du matin, Giacomo Puccini décède, à l’âge de 65 ans. Il laisse derrière lui un chef d’oeuvre inachevé : TurandotLes obsèques du compositeur sont célébrées à l’église Royale Saint-Marie de Schaerbeek : elles rassemblent une foule monstre.

« Is it possible for a work of art to seem both completely sincere in its intentions and at the same time counterfeit and manipulative? Puccini built a major career on these contradictions. But people care about him, even admire him, because he did it both so shamelessly and so skillfully. How can you complain about a composer whose music is so relentlessly memorable, even — maybe especially — at its most saccharine? » (Lloyd Schwartz)

Quelques jours avant sa mort, Puccini annonçait la « mort de l’opéra ». L’Histoire lui a donné raison : on ne lui connaît aucun successeur, et il est aujourd’hui considéré comme le dernier grand compositeur d’opéras.

3 thoughts on “Puccini à Schaerbeek

  1. Rino PULLANO dit :

    Bravo,
    en passant en Rue Royale Sainte Marie, devant la plaque commémorative du séjour de Puccini, je me suis toujours demandé comment c’étaient passé ses derniers jours a Bruxelles. Dans un endroit si diffèrent du village de « Torre del Lago », près de la mer en Toscane, où il aimait vivre. Cet article donne une idée.

  2. Rino dit :

    Oui, je vis a Schaerbeek, près d’avenue Huart-Hamoir. Ou il y avait le château de Monplaisir de Charles de Lorraine.

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